Politique agro-alimentaire: la métropole nantaise affiche ses ambitions

Nantes Métropole mène une politique agro-alimentaire très volontariste. D’ailleurs, lors du Salon de l’agriculture, en février 2016, un prix (doté de 40000 euros) est venu récompenser ses efforts réalisés en faveur de l’agriculture périurbaine. Mais la métropole a-t-elle les moyens de ses ambitions? Entretien avec Dominique Barreau, chef de projet agriculture à Nantes Métropole, qui détaille le projet alimentaire territorial (PAT), intitulé « Produire une alimentation locale, durable et accessible à tous ».

Une alimentation locale et durable

Dominique Barreau décrit trois axes de travail. D’abord, il s’agit de « re-territorialiser » la production afin de privilégier les produits locaux. Priorité à la proximité géographique.

Ensuite, il faut favoriser les circuits courts: réduire les intermédiaires et créer du lien entre producteurs et consommateurs, par le biais notamment des AMAP (Association pour le maintien de l’agriculture paysanne). Il existe 57 AMAP sur le territoire nantais. A vos paniers!

Troisième et ultime facteur: le bio. Favoriser une production respectueuse de l’écosystème. Dominique Barreau précise à ce sujet : « On apporte des aides financières au défrichage de terres agricoles et à l’installation. Et il y a un bonus lorsque le projet est bio, respectueux de l’environnement ».

Soutenir l’agriculture périurbaine

Dans la métropole nantaise, on recense 3700 hectares de terres sous-exploitées dans les secteurs à vocation agricole ou naturelle. Après avoir étudié leur potentiel, depuis une dizaine d’années, Nantes Métropole propose une aide financière au défrichage avant remise en culture. Ces terrains rendus disponibles sont ensuite proposés à des porteurs de projets.

Résultat? « Entre 2009 et 2014, on a accompagné une douzaine de projets et on a réussi à remettre en culture 450 hectares (sur 13500 hectares de surface agricole utile au total, NDLR). Aujourd’hui, chaque année, on accompagne trois à cinq installations. C’est encourageant! », explique Dominique Barreau. Le profil type des nouveaux cultivateurs? « Des petits projets maraîchers, en pleine terre, en bio et en circuit court« .

La qualité accessible à tous?

Le projet alimentaire territorial vise à augmenter la part de l’alimentation locale et durable dans les actes d’achat. Mais la qualité a un coût. Comment rendre cette alimentation accessible à tous?

Selon Dominique Barreau, le changement passera aussi par la grande distribution: « Nous souhaitons coopérer avec les grandes enseignes. J’espère qu’elles vont jouer le jeu et apporter de la transparence, de la traçabilité et mettre en avant des producteurs locaux. On aimerait créer des rayons dédiés aux produits locaux dans les supermarchés, mais toutes les enseignes n’ont pas la même marche de manoeuvre, c’est très complexe ».

Changer nos habitudes de consommation

In fine, le consommateur est le véritable décideur: la métropole nantaise mise sur une modification durable du comportement de l’acheteur qui irait davantage vers des produits locaux, de qualité, les labels bio, la vente directe

D’où un cercle vertueux qui obligerait les distributeurs à changer leurs habitudes, par exemple en passant par des petits producteurs plutôt que par une centrale d’achat. Bref, c’est le consommateur qui aura le dernier mot, et Nantes Métropole l’a bien compris.

Plus d’infos: Dominique Barreau sera présent au Nantes Food Forum.
Il interviendra lors de la table ronde, « L’alimentation durable, une douce utopie?« , le samedi 3 juin.

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