Un Plus Bio : Pour une cantine plus bio

L’association Un Plus Bio milite depuis 2002 pour l’introduction d’une alimentation biologique et durable en restauration collective. Rencontre avec Stéphane Veyrat et Gilles Pérole, respectivement directeur et président de l’association.

Certains font de la politique en le faisant beaucoup savoir mais avec de maigres résultats tandis que d’autres militent tranquillement et sans esbroufe sur le terrain mais tracent jour après jour les contours d’un paysage en pleine mutation. Petit retour en arrière sur la naissance d’Un Plus Bio et son développement.

Un Plus Bio, c’est quoi?

Un Plus Bio c’est d’abord un concept : celui de manger Bio dans la restauration collective. Créé par les CIVAM du Gard au début des années 1990, ce concept ne se limite pas pour autant à développer l’Agriculture Biologique en restauration collective. C’est un concept éducatif transversal qui implique les acteurs, directs et indirects, du temps repas : les cuisiniers, les gestionnaires, les chefs d’établissements (principaux de collèges, proviseurs de lycées…), les enseignants, les éducateurs, les producteurs et les transformateurs. C’est aussi un réseau d’acteurs et de partenaires, à la croisée de différents mondes entre la fourche et l’assiette. Stéphane Veyrat, son Directeur, nous en explique les fondements et les missions.

« Tout le monde s’accorde sur l’importance de l’enjeu mais tout le monde dit ‘c’est cher et c’est compliqué’ », déplore Gilles Pérole, président d’Un Plus Bio. Cet adjoint au maire de Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes), une ville de 5000 habitants des Alpes Maritimes a, en effet, prouvé le contraire en servant chaque jour aux 1200 enfants de ses cantines des repas 100% bio, « en faisant des économies et en trouvant de l’approvisionnement local ».

Il faut se mettre en mouvement

« On a les moyens en France de le faire, de trouver la marchandise, et à coûts constants, voire moindres en travaillant sur le gaspillage alimentaire. Des territoires le font », dit-il. « Il faut que les citoyens s’engagent pour faire bouger leurs élus quand ceux-ci ne bougent pas tout seuls », ajoute-t-il: « Il faut se mettre en mouvement maintenant! »

Quand les cantines se rebellent

Tous les deux sont à l’origine d’un Manifeste «Quand les cantines se rebellent » sorti le 26 octobre 2015 et signé par plus de 1000 personnes dont de nombreuses personnalités ; artistes, politiques, penseurs : Noël Mamère, Daniel Mermet, Anselm Kiefer, Vandana Shiva, Nicolas Hulot, Marc Dufumier, Olivier De Schutter, Yann Arthus-Bertrand, François Morel ou encore Edgar Morin. « Et si la révolution venait des cantines? », suggère le texte, qui souligne que « manger bio et autrement, c’est un plus indéniable pour l’environnement, la santé publique, l’équité sociale et une économie durable ».

Plus d’infos : Stéphane Veyrat sera au Nantes Food Forum pour le débat « Pour la restitution d’expérience : pourquoi j’ai fait cette boulette? » et Gilles Pérole dans « Les villes dévorent »

 

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