Le cacao pousse… à Nantes !

Qui a dit qu’il fallait aller dans l’hémisphère sud pour voir un papayer, un caféier ou même un cacaoyer en pleine fleuraison ? A Nantes, plus que jamais, la culture des plantes tropicales au sein du parc du Grand Blottereau se porte à merveille. La serre a accueilli il y a quelques mois les premières cabosses d’un cacaoyer vieux de 40 ans !

Spécialisée uniquement dans les plantes tropicales utilitaires, la serre du Grand Blottereau abrite une collection de bonsaïs aux fonctions diverses. Certains ont des vertus médicinales, d’autres sont utilisés dans les cosmétiques, la production de bois ou encore dans l’alimentation. Comme ce vieux cacaoyer quarantenaire qui n’avait jusque là porté que des fleurs et jamais de fruit. Jusqu’à l’an dernier, où les jardiniers ont pu récolter une quinzaine de cabosses de cacao. Rien que ça.

Du cacao au chocolat, mission délicate !

Pour la première fois depuis 1902, la serre tropicale de Nantes a récolté ses premières fèves de cacao. Un petit miracle et une grande satisfaction pour les jardiniers municipaux de la serre qui ne se sont pas arrêtés là et qui ont confectionné leur propre chocolat. Réussir à faire du chocolat avec des fèves de cacao, cela paraît évident – un peu comme on ferrait de la sauce tomate à partir de tomates – et pourtant ! Réussir à avoir des cabosses qui arrivent à maturité sous serre en France est déjà tâche compliquée : « On nous dit qu’en milieu naturel un cacaoyer adulte donne à peu près 500.000 fleurs par an et qu’il n’y a qu’une fleur sur 500 qui donne une cabosse. Autant dire que là on est très loin du milieu naturel et très loin du cacaoyer adulte. Quand on a une cabosse qui arrive à maturité, on est super contents sauf qu’en général elles avortent. Elles pourrissent et tombent lorsqu’elles sont encore toute petites », raconte Magali, jardinière-botaniste et guide à la serre. Avant de se réjouir : « Mais cette fois-ci, allez savoir pourquoi, les cabosses sont arrivées à maturité! »

Autre étape cruciale après la récolte : la torréfaction du cacao. Car en France, on achète en général les fèves déjà torréfiées. Sacré défi donc pour la serre qui a finalement trouvé un couple qui torréfient eux-mêmes leurs fèves de cacao : Marion Foucher et Ivan Schiavon de Choc’Hola , un bar à chocolat situé au 11 rue saint Léonard. Ils ont ainsi réussi à obtenir 300 grammes de chocolat brut. Une quantité anecdotique, mais qui a tout de même ravi Magali et son équipe, comme vous allez le découvrir en images dans notre reportage.

Un peu d’histoire

La serre tropicale a été créé en 1902. A l’époque, il s’agissait d’une école coloniale. Au moment où de nombreux Français allaient travailler dans les colonies et produire canne à sucre, cacao, coton ou café, la serre permettait aux jeunes qui se destinaient à aller travailler là-bas d’apprendre à cultiver ces plantes de manière à être autonomes une fois sur place. Le système de la serre permet de recréer un lieu chauffé et idéal pour la pousse de ces espèces. Faute de place et surtout question logistique, les plantes sont produites sous forme de bonsaïs. Ce sont donc des modèles très réduits qui peuvent aller de quelques centimètres à deux ou trois mètres de hauteur seulement.

Nantes Food Forum #2 / Atelier du gout Slow Food

Vous pourrez déguster ce chocolat unique, en compagnie de l’équipe de Choc’Hola, lors de l’atelier du goût Slow Food qui y sera consacré le dimanche 7/10 à 14h

La Chocolaterie Éphémère

Le Studio 11/15 de l’île de Nantes se transforme en chocolaterie éphémère pendant les 5 jours de l’événement. De la fève de cacao à la dégustation de crus en passant par toutes les étapes de transformations qui mènent au succulent chocolat, la Chocolaterie Éphémère invite le public à découvrir l’arrière boutique de ce produit adoré, mais encore assez mal connu.

Allez, on vous emmène en compagnie de Jean-Christophe Ribes, responsable de la serre tropicale qui dépend du Service des Parcs et Jardins de la Ville de Nantes et Magalie Rouillard, jardinière botaniste.

 

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