Le premier riz made in Bretagne bientôt exploitable ?

Alexandre Reis, styliste de haute couture reconverti dans la paysannerie a réussi un exploit : faire pousser le premier riz breton. La troisième récolte est prévue pour novembre avant une autre phase expérimentale. 

Dans son « Domaine du Triskell rouge » à Evran, dans les Côtes d’Armor, plus question pour Alexandre Reis de vivre au rythme des défilés de mode. Dorénavant, son horloge, ce sont les saisons. Mais ce n’est pas un si grand écart. L’homme aux lunettes rondes à la Jean-Pierre Coffe a adopté un slogan : « Je suis passé de la haute couture à la haute culture ».
L’ancien couturier de mode se dit paysan et le revendique. Longtemps dévalorisé, Alexandre Reis entend redonner à ce terme ses lettres de noblesse. « C’est de là que vient la grande cuisine française ! Il faut savoir qu’elle vient de la terre », rappelle-t-il. Sur son domaine, il produit notamment du safran, des roses et élève des animaux en plein-air. 

Son riz ? Il s’est acclimaté grâce aux différents croisements qui se sont faits naturellement avec le vent comme agent pollinisateur (anémophilie) et qui ont permis de faire naître une espèce unique adaptée au climat et au sol breton. Unique par son goût mais aussi par sa couleur : le riz est vert émeraude!

Le bonhomme vert toujours assorti à son riz est ainsi devenu en quelques mois un agriculteur-star en Bretagne. Un joli pied de nez à quelques agriculteurs du coin…plutôt sceptiques. « Ils étaient étonnés. Au départ, ils disaient ‘c’est un illuminé, c’est un artiste, c’est un styliste’, il rêve !’ Mais j’aime bien partir du rêve parce que c’est là d’où part toute la création. En cuisine, vous mettez du blanc de poulet, des épices et quelques légumes oubliés et un cuisinier va vous faire un plat extraordinaire. Eh bien là, on est parti du balbutiement, c’est-à-dire une zone humide avec rien dessus et il a juste fallu travailler. Avec Alexandre Laverty, mon associé, on a commencé à imaginer la rizière. »

S’il s’agit d’un succès aujourd’hui, il faut rappeler que les débuts n’ont pas été faciles. En 2015, la première tentative de plantation traditionnelle dans l’eau fut un échec. Un agriculteur malien en visite a alors transmis la technique de la culture sèche à Alexandre. La température de l’eau étant trop basse pour la rizière, il faut planter les semences en pleine terre. Le riz planté à sec, ira alors puiser l’eau dont il a besoin grâce à ses racines. Aussitôt dit, aussitôt fait. Depuis, le binôme en est bientôt à sa troisième récolte prévue pour le mois de novembre. Et même s’ils en sont toujours au stade expérimental,  les deux Alexandre entendent bien obtenir l’autorisation d’exploitation pour pouvoir produire dans quelques années un riz made in Evran pour le plus grand plaisir des palais bretons !
Vous voulez voir ça de près? On vous amène avant que vous ne puissiez poser toutes vos questions à Alexandre samedi 6 octobre.

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